Le cirque et la rue : amorce d’état des lieux esthétique

Un parcours découverte écrit par Marion GuyezLogosSACDCopiePrivee

En partenariat avec la Société des Auteurs et Compositeurs DramatiquesEnacr2

et l’Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny-sous-Bois

Introduction

Compagnie Les P'tits Bras
Compagnie Les P’tits Bras

De spectacles joués « au chapeau » aux plus gros évènementiels, sans négliger les festivals, les arts de la rue proposent de nombreux spectacles de cirque, à tel point que cet espace représente une part non négligeable de la diffusion de la création actuelle. Quel circassien ne s’est d’ailleurs jamais frotté à l’expérience du bitume ?

La pratique du cirque en extérieur n’est pas chose nouvelle. Les formes actuelles sont fortement marquées par l’héritage des arts forains, dont l’esthétique habite une multitude de spectacles, de manière subtile ou plus consensuelle. L’abondance actuelle dérive des origines du Nouveau cirque[1]. Il s’agissait alors de sortir des théâtres, de proposer une contre-culture. La rue était un espace de subversion et d’utopie, ambition parfois élimée aujourd’hui. Énormément de compagnies ont commencé leur carrière dans la rue avant de se tourner vers la salle ou le chapiteau[2]. Les esthétiques contemporaines telles qu’elles peuvent être expérimentée en intérieur sont assez peu représentées ; faute de tentative ou faute de visibilité ? Les frontières entre art et divertissement sont parfois ténues. Le choix de l’espace public, de ses particularités et de ses contraintes est guidé par des ressorts aussi différents que l’artistique… et l’économique. Dans ce contexte dense et complexe, quelles esthétiques dessinent le cirque proposé dans la rue ?

PDF. Le Cirque au risque de la rue

Gonon, Anne déc.-13 Stradda

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VIDEO. Les Arts sauts

1993 00:33:33 Fill

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Pratiquer le cirque dans la rue : quelles contraintes ?

Dans la rue, comme en salle et en chapiteau, la pratique du cirque est conditionnée par la gestion de lourdes contraintes techniques (ancrer solidement un fil de fer, accrocher un aérien…). Investir l’espace public, et cela n’est pas réservé au cirque, nécessite de s’adapter, de compter avec l’aléatoire des flux de la ville. Pour limiter le risque, la prouesse circassienne demande au contraire la plus grande maîtrise et donc de supprimer cette part d’aléatoire. La rue n’offre pas « la stabilité » de la salle ou du chapiteau. Les artistes doivent réajuster sans cesse leurs repères : l’équilibriste s’acclimater à la pente, même très légère, qui modifie sa posture, le jongleur être à l’affut de la brise qui suffira à faire dévier ses objets… Pourtant, la diversité des espaces facilite au contraire l’implantation d’agrès contraignants. Il est toujours possible de trouver une place, un parc ou un parking sur lequel implanter un portique, un fil, un mât, alors que nombre de salles n’ont tout simplement pas la hauteur ou des accroches suffisamment solides pour le faire. Les arts de la rue ont compté et comptent nombre de compagnies spécialistes des aériens (Rouge Éléa, 220 vols, Les Fées railleuses…) et particulièrement de trapèze volant (Tout fou tout fly, Circus Baobab, Les P’tits bras, les Arts sauts à leurs débuts…). L’espace public augmente les possibilités de diffusion de ces spectacles.


[1]Martine MALEVAL, L’Émergence du nouveau cirque 1968-1998, Paris, L’Harmattan, 2010.

[2]C’est le cas des compagnies du Nouveau cirque comme le Cirque Plume, le Cirque Baroque, mais aussi de Rasposo, Les Arts sauts et même du Cirque du soleil ou encore de compagnies plus récentes comme Baro d’Evel ou Akoreacro.

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Pour faire référence à cet article

Marion Guyez, « Le cirque et la rue : amorce d’état des lieux esthétique », Parcours découvertes édités par HorsLesMurs, 2014

http://horslesmurs.fr/?p=910