Processus cirque. Art(s) et science(s) à l’épreuve de la piste

Déroulé du processus, questions et difficultés rencontrées

C’est peut-être là, dans le temps effectif du travail et de la recherche, que les caractéristiques et singularités qui distinguent chacune des trois propositions apparaissent avec le plus d’évidence.

Chez Kitsou Dubois, le processus de travail s’est déroulé en deux phases successives clairement identifiées. Une première phase pédagogique d’abord où à travers l’écoute de l’autre, il s’agit de poser les bases pour travailler ensemble et croiser les univers. Cécile Besnault et Ivan Marchika, les deux étudiants chefs opérateurs de Louis Lumière, ont du « apprendre » à voir le mouvement et le corps autrement. Quant à Emily, se confronter aux images l’a aidé à se libérer de sa technique pour s’aventurer dans le « lâcher prise » et chercher d’autres sensations. Ce travail d’apprivoisement et de découverte mutuelle s’est fait pas à pas et sous le double regard attentif et exigeant de Kitsou Dubois bien sûr, mais aussi de Georges Harnack, réalisateur et ancien élève de Louis Lumière, qui a fait office de « tuteur » pour Cécile et Ivan et accompagné les premières séances de l’aventure.

La seconde phase d’expérimentation a consisté à mettre en pratique ce langage commun et à élaborer la présentation publique du travail. Cette étape ci a été plus délicate et il a fallu résister à la tentation pour chacun de se replier sur son domaine de maîtrise et de compétence : pour Emily, l’exécution de sa technique de mouvement et pour les chef-opérateurs la fabrication de l’image entre eux. Le choix fait dès le départ par Kitsou d’opter pour le montage à distance inspiré du travail d’Artavazd Pelechian et de faire dialoguer ainsi à vue « temps de corps » et « temps d’images » a été déterminant pour lier ensemble les deux approches.

PDF. Le montage à distance selon Artavazd Pelechian

Semerjian, Myriam 2010

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Pour Hippo-néguentropie avec Charlène Dray, nous sommes dans une logique et une démarche directement scientifique. Utilisant la vidéo comme autant de « carnets de croquis » des multiples situations auxquelles elle soumet son cheval, Charlène teste comme en laboratoire différents dispositifs puis observe les résultats sur Listan. Elle imagine en même temps diverses scénographies et parcours jusqu’à inscrire l’animal et son imprévisibilité, le mettre en scène dans un environnement maîtrisé et rigoureusement défini.

VIDEO. Carnets de croquis vidéos

2008 à 2013 Dray, Charlène

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Dans le cas de Voluminosité, le projet de Fabrice Guillot, il y a deux temps de travail séparés. D’abord, la conception et la fabrication de l’objet/agrès lui-même avec le sculpteur et acousticien Vincent Brédif. Durant cette période, celui-ci est le seul interlocuteur du désir artistique du metteur en scène et le dialogue a lieu presque exclusivement entre eux deux.

Esquisse-VOL-3

Fabrice Guillot, Compagnie Retouramont

Esquisse-VOL-4

Fabrice Guillot, Compagnie Retouramont

Puis, une fois l’objet créé, commence la phase des répétitions avec les danseuses et le circassien et tout le travail pour animer, manipuler, habiter cenouvel agrès, en découvrir les ressources et les contraintes tant techniques qu’artistiques et parvenir, en fin de processus, à arrêter une forme et à fixer une dramaturgie qui caractérisera la proposition.

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