Processus cirque. Art(s) et science(s) à l’épreuve de la piste

Dispositifs et scénographie : l’espace de la représentation et de l’expérimentation

Les espaces – scénographiques, relationnels, dramaturgiques – dans lesquels s’inscrivent chacun de ces projets sont déterminants pour caractériser leur identité et appréhender la part prise par les différents « matériaux » qui les constituent. Là encore, les trois propositions différent sensiblement.

Dans Voluminosité l’espace géographique, l’espace de « jeu » est défini et circonscrit par l’objet agrès et ses différentes phases de transformation. Tout tourne (au sens propre comme au sens figuré) autour de lui. Les gestes, appuis, mouvements, trajectoires des danseurs acrobates qui évoluent sur, autour et à l’intérieur de sa structure agissent directement sur ses différentes configurations. L’objet est donc à la fois protagoniste et décor. Il a l’apparence d’une sculpture monumentale mouvante faite de tubes de métal de tailles différentes qui s’emboîtent et est dotée d’une autonomie de mouvement et d’une force d’inertie propre. C’est cette masse aux mouvements de bascule aléatoire qui va être animée et manipulée par deux danseuses équipées de baudriers et un acrobate au mât chinois.

VIDEO. Résidence "Voluminosité" à l'ECM Le Chaplin, Mantes-la-Jolie

2014 00:01:23 Espace Culturel Multimedia Le Chaplin

Voir le document

Chez Kitsou Dubois, l’espace scénique est rigoureusement défini à partir de plusieurs contraintes ou principes : L’agrès singulier d’Emily Zuckerman, une corde lisse tendue en diagonale, dessine une ligne continue qui vient couper l’espace de vision du spectateur. La confrontation/coexistence de l’image et du corps vivant nécessite d’être pensée spatialement et « mis en scène ». La chorégraphe a donc imaginé de délimiter l’espace scénique par un cadre qui conditionne la perception du corps vivant tout autant que celle de l’image. Et elle a choisi d’intégrer l’image au dispositif scénographique proprement dit, la métamorphosant d’image-film en une image intimement reliée au plateau et à la présence d’Emily. En outre, cette corde en diagonale dont on ne voit ni où elle commence ni où elle s’achève et qui vient rayer l’espace vide du plateau « fait image » elle aussi en même temps qu’elle s’insère dans le cadre et fait exister un hors champ invisible.

Le projet imaginé par Charlène Dray, quant à lui, s’appuie précisément sur la pensée et la conception d’un espace d’expérimentation et d’un environnement. C’est selon ses dires, le cœur même de sa démarche et de son travail d’artiste tel qu’elle le conçoit aujourd’hui : penser et mettre au point une scénographie et des dispositifs évolutifs qui visent à fabriquer des espaces spécifiques pour mon cheval où (presque) tout soit contrôlable. En termes de « représentation », cela se traduit par des parcours topographiques, physiques et émotionnels déterminés dans lesquels Listan va évoluer, déclenchant et/ou répondant à toute une série de stimuli visuels et sonores programmés par des logiciels spécifiques ou à des projections vidéo.

VIDEO. Hippo-néguentropie : ordre/desordre

2014 00:06:11 Dray, Charlène

Voir le document

VIDEO. Hippo-néguentropie : tension/décontraction

2014 00:07:54 Dray, Charlène

Voir le document

Pages: 1 2 3 4 5