Un répertoire pour les arts du cirque

A quoi peut servir un répertoire ?

Apprentissage et transmission

Traditionnellement, l’artiste de cirque apprenait en famille. L’apparition des écoles de cirque dans les années 70, mais surtout l’ouverture du Cnac en 1985, annoncent une rupture. Dorénavant, la performance doit faire sens et l’artiste doit devenir un interprète autant qu’un créateur. Le spectacle de fin études « Le Cri du Caméléon », chorégraphié par Joseph Nadj, en est un exemple marquant.

Si aujourd’hui dans les écoles supérieures de cirque, l’histoire de l’art et celle du cirque sont enseignées, l’approche reste théorique. L’enseignement de pièces du répertoire permettrait à l’étudiant de comprendre et connaître l’histoire de son art à travers un ressenti corporel. Dans les autres disciplines artistiques, l’élève passe de manière incontournable par l’étude des références majeures de son art. Apprendre, comprendre, ressentir la construction de celles-ci lui permet d’affiner son savoir-faire, prémisse au développement d’une écriture personnelle.

Poursuivant un travail amorcé lorsqu’il dirigeait l’Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles, Gérard Fasoli, directeur du Cnac, a fait valoir l’existence de pièces de répertoire et a introduit cette notion au programme de l’école, avec une reprise du spectacle Le Grand C de la Cie XY en 2014. Devenu Le petit C et mis en piste par les artistes de la Cie, le spectacle reprend le canevas [3] et les techniques acrobatiques d’origine, tout en intégrant les spécialités des étudiants. Il leur offre l’opportunité de jouer une œuvre de répertoire pour la première fois.

JPG. Galerie de photos du spectacle "Le petit C"

 Grandjean, Ian  2014

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Créations et reprises

Pour toutes les disciplines circassiennes, le processus de création s’appuie sur un répertoire de figures [4]. Celles-ci vont être assemblées pour former une chorégraphie, un numéro [5], un spectacle. Ainsi chaque discipline a un répertoire de figures classiques, comme par exemple La sirène au trapèze ou La cascade pour le jonglage.

Dans sa forme classique, le cirque est une succession de numéros d’artistes différents. Mais un numéro n’est-il pas une œuvre en soi ? Certains sont si célèbres, qu’ils sont devenus des numéros de répertoire : ceux des clowns par exemple ou le numéro équestre La Poste.

VIDEO. Numéro de La Poste par Emilien Bouglione

 Cirque d'Hiver Bouglione Tv

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Cela se vérifie aussi dans le cirque contemporain. En 2009, le Cirque du Soleil intègre dans son spectacle OVO un numéro de banquine et trapèze volant crée en 1990 par la troupe russe Stankeev. Cette reprise est intégrale (de la chorégraphie au matériel) et reconnue puisque des droits d’exploitation sont acquittés. Fred Gérard, alors concepteur-équipement au Cirque du Soleil, parle de cirque de répertoire pour cette création.

VIDEO. Les Stankeev, flying trapeze with acrobatics

 1991  00:08:18  Les Stankeev

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[3] Trame et/ou déroulement d’un spectacle

[4] Suite de mouvements qui forment un ensemble. Souvent, ces figures portent le nom de l’artiste qui les a inventées

[5] Courte chorégraphie de cirque, le plus souvent constitué d’une technique (jonglage, trapèze, main-à-main) ; une succession de numéros forme un spectacle de cirque dans sa forme traditionnelle

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