De la pensée à l’acte de création. Sur les traces du « chemin perdu » de Plume

La pensée circassienne de Plume, comment la transmettre ?

Depuis sa création, le Cirque Plume a constitué un stock important d’archives dont une partie est dédiée à l’écriture (dessins, peintures, écrits,…), à la réalisation, à l’administratif ou à la diffusion tandis qu’une autre partie plus technique réunit restes de ferrailles, de bois, d’objets, de machines et de costumes entassés dans un entrepôt. Sont gardées aussi les critiques, les lettres d’amour, les photos reçues…. Ces archives dessinent l’histoire dans toutes ses strates. Peuvent-elles permettre aux œuvres de s’affranchir de leur auteur et de leurs interprètes pour s’installer dans l’intemporalité ? [11] L’écriture des œuvres du Cirque Plume, qui sont créées avec la personnalité de chacun des artistes dans la réalité du moment, n’est inscrite sur aucun papier. Certes, il existe des films, des photographies ou des scripts mais « la trace du souffle qui entraîna le geste juste » écrit Bernard Kudlak [12] « n’est inscrite que dans le parchemin du temps. » En échappant à une codification précise, les œuvres peuvent être difficilement remontées par une autre compagnie. Néanmoins, le Cirque Plume transmet à son insu « le désir de faire », dit Bernard Kudlak, « nos spectacles ont encouragé, sinon suscité des vocations d’artistes de cirque qui soufflent sur les braises pour qu’elles renaissent. » Aujourd’hui, sans être forcément revendiqué, l’esprit Plume transparait dans les nouvelles écritures circassiennes, à travers des images récurrentes revisitées et reprises par la compagnie elle-même. Celle de l’ombre vivante et autonome, qui se saisit d’une balle rouge pour la placer sur son nez, en est une des plus emblématiques.


[11] Kati Wolf, Un répertoire pour les arts du cirque, Parcours découvertes édités par HorsLesMurs, 2015

[12] Bernard Kudlak, Abécédaire du Cirque Plume, éd. SO.A.C.D. 2014

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